Interview de Daniel Wambach

1 mars 2008 2 Par vincent

Daniel Wambach– Bonjour Daniel, décrivez-nous rapidement votre parcours
Bricoleur depuis toujours, j’ai suivi des études d’électronique et d’informatique.
J’ai découvert la photographie en centre de vacances où l’animateur nous montrait les pouvoirs magiques de la lumière, de la chimie, et du temps.
Puis par la suite, devenu moi-même animateur, j’ai organisé des ateliers « développement photo » et des stages « roman photo ». J’en profitais alors pour prendre des portraits d’enfant que je développais seul les soirs pendant des heures enfermé dans une chambre noire. A cette époque, je ne demandais rien à mes images, je voulais juste que mon petit x700 Minolta reproduise fidèlement ce qui était devant lui.
Il y a 4 ans, dans le but d’immortaliser la traversée de la corse avec un ami, j’ai acheté mon premier numérique, un compact de chez Panasonic un petit FZ2. Une fois arrivés aux différents gites d’étapes, j’avais tout le temps de prendre des photos de paysages.
Mais rien ne ressemble plus à une montagne qu’une autre montagne ….. Et là, devant moi, dans l’herbe sèche, minuscule, une sauterelle …..une fourmi …. une punaise ….
Aujourd’hui, je passe une énorme partie de mon temps libre couché dans les champs à traquer la moindre bestiole pour lui tirer le portrait….

Marco goutte– Et les gouttes ???
Ba voilà le problème avec la macrophotographie, c’est que les ptites bêtes sont frileuses, et qu’une grande partie de l’année elles se cachent sous terre.
Je développe depuis deux ans un système me permettant de prendre des photos d’insectes en plein vol, et pour tester celui-ci, j’ai eu la drôle d’idée de détecter la chute d’une goutte d’eau.
Puis me renseignant sur le sujet, je suis tombé sur plusieurs sites internet de fous qui prenaient des photographies de liquide. J’y ai très vite participé et peaufiné mon système, jusqu’à avoir une précision suffisante pour arrêter des scènes plus « spectaculaires ».

– En voyant vos photos sur les gouttes, il serait presque légitime de se demander si c’est le scientifique qui vous a amené à la photographie ou l’inverse. Qu’en est-il ?
Au début, c’était le scientifique, c’est la chimie, l’agrandisseur, l’appareil photo qui m’intéressaient, pensez, une boite qui recopie un instant, c’est un truc de dingue, il fallait que je comprenne.

Je dirais donc : scientifique vs photographe : match nul.
Je prends autant de plaisir à préparer l’instant qu’à le figer.

Dispositif technique– On sent dans votre travaux une recherche si on peut dire de la perfection. Est-ce la passion et ce désir de bien faire qui vous tire vers le haut ?
En fait, je me lance des chalenges du style : je vais faire un gros plan sur l’œil d’une araignée … Je vais photographier une sauterelle au bond …. Je vais figer l’image d’une goutte qui en percute une autre ….
Et je le fais. Et ce même si les moyens pour y arriver sont colossaux par rapport aux résultats.
Le tout bien sûr grâce au moteur qu’est la passion

– Quel matériel utilisez-vous pour réaliser vos clichés ?
J’utilise pour mes photos de gouttes un 350D sur trépied avec comme objectif le 100mm macro 2.8.
Autour du bac d’eau, je dispose 4 flashes 540ez.
Je décris tout le montage dans la partie technique de mon site (cliquez sur le schéma ci dessus).

– Travaillez-vous beaucoup vos photos en post-production ?
Je fais la balance des blancs et les niveaux sur les fichiers RAW puis j’enlève juste les différentes pétouilles.

– Rigueur, patience … quelles sont les principales qualités d’un bon photographe de macro photographie ?
Etre très patient, aimer son sujet, et ne pas être tout net !
Ce n’est pas normal de rester coucher plus d’une heure dans l’herbe devant une araignée et de se surprendre lui dire : « allez tourne toi »

– Une fierté personnelle ?
Mon exposition au 11ème festival de Montier en Der.

Macro araignée– Avez-vous en tête une scéance photo particulière (anecdote, soucis…) ?
La symbiose du macroteux et de la libellule.
Parti faire des macros en Camargue et en pleine guerre avec des moustiques, je vois une belle libellule rouge (Sympetrum sanguin) s’approcher de mon visage et repartir aussi tôt se poser, puis recommencer, encore et encore.
Je me déplace, elle me suit et recommence son manège …
Je prends mon matériel et approche mon 105mm de cet insecte au comportement bizarre et vois avec surprise dans ses mandibules un de ces abrutis de tout petit moustique.
Elle a continué ses va et viens d’un brun d’herbe à la périphérie de mon visage pendant une bonne demie heure en me laissant prendre autant de clichés que je souhaitais.

– Des projets en cours ou pour les mois à venir ?
Ma détection d’insecte en vol, une expo au festival international du film animalier à Albert en Mars et une expo au Domaine National de Saint Germain-en-Laye fin Mai.

– Quelques sites photo dédiés à la macro à nous conseiller ?
Je pense que le mieux pour voire plusieurs styles de photographies est de trainer sur différents forums :

– Une question que j’aurais oublié de vous poser ? 😉
Non, non 🙂

Impact goutteGoutte d'eau


Ses sites internet :


Sa vidéo « reportage macro » sur M6 :