Avr 09 2008

Virginie Vanos : récit d’une belle rencontre

Publié par à 7:51 dans Shooting photo

Soit je poste une annonce, à laquelle on répond, soit c’est moi qui répond à une demande de recherche de modèles. Il arrive aussi que, comme par hasard, l’un ou l’autre trouve mon book en ligne et me demande spontanément s’il serait possible que l’on travaille ensemble. Bref, tous les canaux sont probables, et souvent, c’est quand je m’y attends le moins que les plus belles propositions tombent.
Certaines semaines sont pleines comme des œufs (mon record a été 9 séances sur une seule et unique semaine, c’est dire si j’ai fini sur les rotules !), d’autres, je les consacre uniquement à la prospection. Etre modèle, c’est aussi cela : accepter de passer des heures, parfois interminables, sur un ordinateur, et tout mettre en oeuvre pour être bien visible sans être trop omniprésente.
C’est au cours de l’une de ces semaines folles que Frédéric Karikese m’a téléphoné. J’avoue que je ne le connaissais ni d’Eve, ni d’Adam, et que j’ignorais totalement que cet homme est un grand parmi les grands, salué de façon quasiment unanime par toute la profession. Au téléphone, il ne semblait ni malsain, ni bizarre, ni quoi que ce soit qui me fait habituellement soupçonner qu’il ne s’agit pas d’un photographe, juste d’un bête voyeur se servant de la photo comme prétexte pour assouvir son vice. Néanmoins, comme il était étrange ! On sentait la passion de la photographie l’habiter de pied en cap, et chacun des mots qu’il prononçait était fort et puissant. Souvent je rencontre des passionnés, autant parmi les pros que chez les amateurs, mais ici, il y avait quelque chose de vraiment particulier, que je ne saurais expliquer. Et l’entièreté de son travail lui ressemble : brillant, rare, tout en finesse et paradoxes multiples.
Se retrouver devant son objectif fut une expérience unique, cent fois renouvelée depuis. Déjà, il travaille au millimètre : il me fit pencher le visage de tous les côtés possibles et imaginables, très lentement, afin d’en découvrir les ombres et les lumières. Devant mon air dubitatif, il m’expliqua qu’il m’étudiait. Dans d’autres circonstances, j’aurais perdu patience, et j’aurais détesté être regardée ainsi, comme une grenouille prête à être viviséquée. Mais il y avait dans son regard tant d’attention bienveillante et tant d’empathie que je me détendis très rapidement et le laissai faire.
Frédéric use et abuse du bracketing : quatre photos, parfois plus, pour chaque pose. Cela me changeait drôlement, moi qui ait l’habitude de prendre une pose différente à chaque déclic de l’appareil, et souvent, à force de mouvements amples et de grands déplacements. La séance se déroula ainsi, à un rythme lent, mais très intense et fort soutenu. Ce qui m’épuisa le plus était probablement son regard d’airain qui scannait littéralement chaque micron de ma peau.
Une semaine plus tard, je reçus les huit portraits qu’il avait réalisés : un résultat d’une simplicité angélique, mais d’une qualité exceptionnelle. Et surtout, comme j’étais vraie, comme j’y étais tellement moi-même, sans artifices, mais avec un éclat que je n’avais jamais vu nulle part, et surtout pas dans ce satané miroir qui s’amuse si souvent à me renvoyer une image honnie !
Je suis retournée chez Karikese très souvent, et entretemps, j’ai rencontré un paquet d’autres photographes, aux techniques et modes de fonctionnement tous plus différents les uns que les autres. Cependant, deux choses sont sûres : comme je lui ai promis, je retournerai chez lui le plus souvent possible, et aussi, ce qui fait la différence, c’est cette magie qui n’appartient qu’à lui, et qui est tellement lui… tellement Frédéric Karikese.

Sites de Frédéric Karikese :

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2 commentaires

2 commentaires pour “Virginie Vanos : récit d’une belle rencontre”

  1. Chantal Pinosa le 12 Avr 2008 à 10:13

    Virginie Vanos joue avec les mots comme elle joue avec son corps, en artiste mature et confirmée, consciente de son savoir et de son pouvoir.
    Elle est douée pour l’observation…et la réflexion…jamais elle ne prend les choses au premier degré.
    Une femme qui ne se veut pas qu’un corps superbe, elle interpelle, surprend…tout autant que ce personnage unique, Frédéric Karikese…un puit de sciences, avide d’apprendre, toujours à lire et en découvertes constantes… curieux du langage des autres. Ces connaissances photographiques illimitées lui donnent la liberté de pouvoir s’exprimer dans l’irrespect voulu des règles photographiques imposées, règles nécessaires dans un premier temps prouvant par là sa dextérité à appliquer ces dites règles mais qu’il est obligé et nécessaire de vite transgresser enfin pour marquer la différence pouvant peut-être se voir alors distinguer après beaucoup de travail, d’acharnement et de chance…mais la chance, on se la fait !
    Deux grands personnages pour une fabuleuse rencontre !

  2. photographe bruxelles le 30 Juil 2010 à 17:37

    Très beau mannequin avec une belle présence face à l’objectif. Je suis preneur pour un shooting!

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