Oct 19 2009

Interview de Marie Claude Orosquette

Publié par à 8:02 dans Interviews de photographe

Serval– Bonjour Marie-Claude, pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours?
Un parcours assez hétéroclite en fait , après une formation en biologie je suis passée gérante de PME pour me retrouver photographe animalier.

– Pourquoi s’être dirigée dans cette voie?
La photo a toujours eue une place importante dans ma vie, ma mère m’a transmis la passion des oiseaux, mon grand coup de cœur pour le continent africain et pouvoir témoigner de la fragilité des écosystèmes et de la biodiversité, tous ces raisons m’ont conduite à la photographie animalière.

– Avez-vous reçu une formation de photographe? Comment avez-vous appris à maîtriser les aspects techniques du métier?
Je suis autodidacte par contre je lis beaucoup, mon premier contact avec un appareil photo était avec un rolleiflex à l’age de 10 ans, donc pas mieux pour s’apprivoiser avec l’aspect technique, et depuis je n’ai jamais arrêté.

– Qu’est-ce qui vous motive le plus? Avez-vous des instants que vous qualifieriez de « magique » à nous raconter ?
Ma motivation est vraiment double : d’une part je suis un témoin privilégié des beautés de la Nature, de cette faune sauvage, de ces petits matins du monde dans des endroits qui sont de réels paradis pour la faune, d’autre part je suis également un témoin de la fragilité de la biodiversité, je me dois à ma petite échelle de sensibiliser le plus grand nombre de personnes sur la nécessité urgente qu’à  l’homme de conserver au mieux ce patrimoine vivant. J’y participe activement auprès de l’ AWF ( African wildlife foundation ).
CrabierJabiruGuépier Carmin
Sur les instants magiques : des instants de communion avec la nature, des instants qui vous ont ému. Je suis émue à chaque instant car chaque instant est une communion avec cette grande Dame qu’est la nature, que ce soit le levé du jour avec le chant des premiers oiseaux diurnes, les bords d’un lac avec un héron Goliath qui pêche, le passage d’un vol de flamants, ou un départ de chasse d’une meute de lycaons, tous les instants sont  » magiques » sublimés par des lumières féeriques…

– Quelles qualités doit avoir un bon photographe animalier?
Les qualités pour être un bon photographe animalier sont avant tout la patience mais également la connaissance des espèces, de leur mœurs, de leurs milieux, et beaucoup de temps d’attente pour avoir l’instant que l’on souhaite immortaliser. Être vraiment en symbiose avec la nature , et je dirais pour finir ne jamais se décourager et travailler, travailler.

Lionne– Avez-vous une marque de fabrique, un style particulier qui vous démarque d’autres photographes?
Je pense que chaque photographe a une marque de fabrique , une patte qui lui est propre, si l’on devait qualifier la mienne elle serait probablement dans l’avifaune africaine prise à grande focale généralement avec pour style la recherche de l’instant qui lui donnera une certaine sensibilité surement féminine d’ailleurs .

– Un point négatif sur la photographie animalière serait que financièrement elle n’est pas à la portée de toutes les bourses. Des grandes focales à grandes ouvertures sont plutôt chères, non ? Quel matériel conseilleriez-vous à un jeune photographe en herbe qui voudrait se spécialiser dans ce domaine?
Il y a de très bon zoom sur le marché pour un jeune photographe en herbe avec un rapport qualité/prix abordable je pense aux 50-500 par exemple, ou à un 300 f:4 bien plus abordable qu’en 2:8 couplé à un extender 1,4 ce qui est un une très bonne approche de l’animalier.
Pour un safari par exemple un 120-400 permet de se faire plaisir, maintenant effectivement les focales fixes à grande ouverture ne sont pas à la portée de toutes les bourses, mais l’on trouve de très bonnes occasions pour les mordus de l’animalier, personnellement le choix de grandes focale vient du fait qu’elle me permet de toujours garder une distance respectable avec les espèces.

– Justement quel matériel photo utilisez-vous le plus souvent ?
Je travaille en Canon 1D Mark III,1D Mark IIn,1 DS Mark II, pour les objectifs généralement le 300 2:8 et le 600 is usm f:4

– Comment fonctionne les missions ? Vous travaillez pour des agences?
Je suis auteur photographe donc indépendant et je suis photographe correspondant de 2 agences je choisis donc mes sujets, mes reportages.
AigleEnvol du TisserinPygargueVol Goliath
– Avez-vous quelques petites astuces à donner lors d’un safari photo ?
Tout d’abord privilégier la lumière à savoir avant 10h30 ou après 15h30, faire très attention à la poussière surtout pour les boitiers non tropicalisés, utiliser un bean bag qui permet un bon calage de l’objectif car les safaris se font généralement en 4×4 ou en minibus, privilégier le rebord de portière plutôt que le toit ouvrant afin d’éviter les prises en plongées.
Voilà quelques conseils.

– Parlez-nous des expositions à venir
Suite à une exposition parisienne au profit d’une association ( l’AFA), cette année est une année de préparation pour 3 expositions à venir en 2010 sur Paris et en Suisse : la première sur le delta de l’Okavango , une deuxième qui s’appelle la vie en rose sur les flamants nains, mais aussi une expo en partenariat avec un biologiste Suisse sur les oiseaux migrateurs.
Et toujours un travail de fond sur un projet de livre qui devrait voir le jour en 2011.

– Merci beaucoup pour ces précieux conseils 🙂 Pouvez-vous nous faire découvrir des sites de photographe remarquables ?
Avec grands plaisir mais ne cherchez pas d’ordre surtout : Vincent Munier, Tony Crocetta, Michel et Christine Denis Huot, mais aussi pour les N&B ou sépia Laurent Baheux, Bruno Callendini, Jean François Hellio et Nicolas Van Ingen,et tant d’autres…

– L’interview touche à sa fin, il me reste donc à vous remercier et à vous souhaiter une bonne continuation. Si vous souhaitez faire passer un message aux lecteurs de photo-scope, c’est le moment 😉
Merci Vincent pour cette interview ce fut un plaisir, je n’aurais qu’un conseil à donner aux lecteurs de photo-scope garder un œil émerveillé devant les beautés si fragiles qu’offrent Dame Nature, c’est le premier pas d’une prise de conscience collective pour préserver notre environnement pendant qu’il est encore pas trop tard.

Delata coucher de soleil

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3 commentaires

3 commentaires pour “Interview de Marie Claude Orosquette”

  1. Info le 19 Oct 2009 à 15:54

    Je découvre votre travail et je dois avouer que vos photos sont exceptionnelles.
    Bravo !

  2. livre photo le 04 Nov 2009 à 8:19

    c’est fascinent la prise de photo pour le couché du soleil super

  3. dreamever le 12 Fév 2010 à 0:09

    Je découvre ce site, ces photos et celle-ci sont tout simplement magnifiques