Mai 27 2010

Interview IrvingStGarp

Publié par à 23:14 dans Interviews de photographe

Bondage en 1 leçonBondage en 1 leçon– Bonjour Irvingstgarp, pouvez-vous vous présenter ?
Mon pseudonyme fait référence à l’écrivain américain John Irving et à son roman « Le Monde selon Garp ». Le personnage principal de ce roman est Sergent Techicien, d’où le ST entre irving et Garp. J’ai découvert ce roman en 1982 et ce fut une véritable révélation dans ma vie. J’avais déjà lu des centaines de livres et je découvrais après tant d’années qu’il était possible d’écrire différemment. Cela a guidé par la suite mes choix artistiques : faire autrement que les autres avec les mêmes mots… ou avec les mêmes images puisque je fais maintenant de la photographie.

– Quelles sont vos influences principales mis à part John Irving?
J’ai peu d’influences photographiques, je dois l’avouer. J’ai beaucoup regardé de photos sur le net, mais sans chercher à m’en inspirer. Je voulais voir ce qui se faisait pour essayer de faire autre chose, d’apporter un éclairage neuf, sortir des sentiers habituels.

– En effet vos photos nous interpellent toutes, les titres sont particulièrement bien choisis. Comment abordez-vous une séance? Je suppose que vous avez dès le départ une idée extrêmement précise du résultat escompté?
Oui, chaque photo est mise en scène. Lorsque j’ai une idée, je la laisse mijoter plusieurs jours dans ma tête. Je vois et revois sans cesse la même scène et essaie de l’améliorer, de trouver le petit détail ou le petit plus qui, précisément, va interpeller le spectateur.
J’aime la notion de mise en scène, que le spectateur ne puisse pas découvrir la photo en un seul coup d’oeil. J’aime que le spectateur puisse ressentir plusieurs émotions en regardant la photo. J’aime aussi que les titres collent au sujet de la photo et participent à l’émotion.

Omar m'a maquillerOmar m’a maquillerJ'm'en balanceJ’m’en balanceA bras le corpsA bras le corps

– Qui sont vos modèles? Etes-vous très exigeant envers eux ou elles?
Mes modèles sont Monsieur et Madame Tout-le-Monde. Comme j’ai des scénarios de photos très précis, il me faut des modèles qui correspondent parfaitement à mes idées. Il m’arrive souvent de croiser des gens dans la rue et de les aborder pour leur proposer de poser pour moi. J’ai été assez étonné que les gens se prêtent volontiers au jeu. J’ai aujourd’hui la chance que certaines personnes apprécient mes photos et me contactent pour être modèle. Il m’est alors arrivé de composer des photos qui leur correspondent (Les photos « J’m’en balance » et « L’Homme à Poële » par exemple).
Je suis très respectueux de mes modèles, car sans eux, je ne pourrais jamais réaliser mes photos.
Je les remercie vraiment, car ils n’ont pas hésité pas à se mettre en danger.
La photographie est un art narcissique. Si le photographe aime s’exposer à travers ses photos, le modèle aime qu’on le regarde. Il apprécie donc que le photographe le mette en valeur. C’est rarement mon cas. « Le petit oiseau » qui sort de mon objectif a des griffes et donne des coups de bec. Le modèle doit donc avoir une bonne dose d’autodérision pour accepter que je détruise une partie de son image.

– Avez-vous actuellement d’autres idées de mise en scène non encore réalisées?
L'homme à poëlleL’homme à poëlleOh que oui… J’ai plus d’une bonne centaine de mises en scène à réaliser, et chaque jour me viennent de nouvelles idées. Le plus difficile est de trouver les lieux et les accessoires pour mettre en scène les photos. Je remercie d’ailleurs mon épouse qui m’apporte une aide précieuse. Il n’était pas facile, par exemple, de trouver une maison avec un vieux poële et encore moins de convaincre le propriétaire de nous accueillir quand on sait que la photo consistait à faire poser un homme nu, une bûche dans les bras, une buse sur la tête (« L’Homme à Poële »).
Je mourrai avant d’avoir réalisé toutes mes mises en scène, mais je cherche déjà une idée originale de photo à faire dans mon cercueil.

– Avez-vous en tête d’exposer votre travail mis à part sur internet?
J’ai trop peu de photos pour l’instant pour monter une exposition, car je ne fais de la photo que depuis quelques mois (Je n’ai pas encore fini de lire le mode d’emploi de mon appareil). Je vais essayer de me concentrer sur un seul projet, à savoir « Le Corps décortiqué » pour dans les mois à venir avoir assez de matière pour monter une expo.
Je travaille à la Faculté de Médecine de l’Université catholique de Louvain (Belgique). Je suis prosecteur, c’est-à-dire technicien en anatomie.
« Le Corps décortiqué » tissera un lien étroit entre ma profession et ma passion pour la photographie. Technicien en anatomie et photographe ne feront qu’un. Les visions anatomique et artistique se marieront pour donner naissance à une autopsie photographique du corps humain.
« Un œil aiguisé remplacera le bistouri. La chambre froide sera plongée dans le noir pour y développer les photographies ».
L'auto stopéL’auto stopéMadame pipiMadame pipiVendeuse de soutiens gorgeVendeuse de soutiens gorge
J’ai toutefois la chance d’avoir une photo (L’auto-stoppé) qui est actuellement exposée au Palais des beaux-Arts de Bruxelles (du 6 mai au 6 juin) dans le cadre d’un concours organisé par les chaînes de télévision belges RTBF et Canvas.
Pour être honnête, « L’Auto-stoppé » avait été présélectionnée, mais n’avait pas atteint la sélection finale. J’ai toutefois eu la chance qu’elle soit repêchée pour être exposée sur « La Cimaise des Refusés ».

– Vos débuts sont en tous cas très prometteurs. Mais quel a été le déclic pour aujourd’hui s’être mis à la photographie?
Autoportrait polaroïdAutoportrait polaroïdMa première passion est l’écriture. Quand j’ai une idée de roman ou de nouvelle, je sais que plusieurs mois me seront nécessaires pour arriver au bout de mon projet. Pendant des mois, mes personnages vont vivre dans ma tête et me coûter beaucoup d’énergie. La photographie me permet de rapidement réaliser mes idées.
Il est aussi plus facile de faire partager son travail photographique. En quelques clics, vos photos se retrouvent sur Internet, accessibles à tous les regards. Publier un livre ou faire produire un scénario est un véritable parcours du combattant.

– Quels rêves souhaiteriez-vous réaliser?
Mon rêve absolu serait de vivre de mon imagination. Ma tête est un véritable vivier d’idées : romans, nouvelles, scénarios, photos… Comme l’écriture et la photographie ne sont, pour l’instant, que des passions, je ne dispose hélas que peu, trop peu de temps à y consacrer.

– Y a-t-il une question que vous auriez bien aimé que je vous pose?
Si la bonne fée me proposait d’exaucer un de mes voeux, lequel serait-ce ?
Et la réponse serait qu’elle me fasse le cadeau de m’offrir du temps, du temps et encore du temps pour me consacrer à mes projets. Mais plutôt que la bonne fée, je devrais plutôt demander à mon employeur de m’offrir ce cadeau. Une année sabbatique ?
L'intruse
– Sur ces mots plein de bons sens , je vous laisse le mot de la fin et vous remercie chaleureusement pour cette discussion.
C’est moi qui vous remercie sincèrement de m’avoir accordé cet entretien et ainsi me permettre de faire découvrir mon travail.

Tout son travail est consultable sur la galerie Flickr de IrvingStGarp et son profil facebook

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3 commentaires

3 commentaires pour “Interview IrvingStGarp”

  1. vandenbergh le 28 Oct 2010 à 21:05

    aller on garde toujours espoir , quand on veux on y arrive toujours bonne chance Eddy

  2. […] ne passent jamais inaperçues. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à lire ou relire l’interview d’IrvingStGarp. Bernard exposera pour la première fois ses photos à Bruxelles du 21 mars au 7 avril 2011 à […]

  3. […] y développer les photographies ».   Le pseudonyme photographique de Bernard Caelen est Irving S. T. Garp en référence à l’écrivain américain John Irving et son roman « Le Monde selon […]

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