Fév 13 2009

Interview Emmanuel Coupe

Publié par à 9:20 dans Interviews de photographe

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Scotland, Isle of Skye, Neist Point during sunsetScotland, Isle of Skye, Neist Point during sunset– Bonjour Emmanuel, content qu’on ait enfin pu trouver un créneau pour effectuer l’interview 😉 Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?
Bien, j’ai commencé la photographie en Grèce il y a longtemps où j’ai suivis quelques séminaires. Plus tard, je suis parti aux Etats-Unis et j’ai étudié la photographie juste après mes études. Une fois terminées, j’en ai rapidement fait ma profession à temps plein. J’ai alors créé ma propre maison d’édition en 2006 et publié mon premier livre cette même année.
Aujourd’hui j’ai de nombreuses activités tournant autour d’ateliers, d’expositions d’arts et de la publication dans des médias différents.

– Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier ?
Sans hésiter je répondrais l’esprit de liberté que l’on acquiert lorsqu’on prend des photos de la Nature. C’est lorsque j’ai une travail précis à faire que tout autre chose au monde a du coup beaucoup moins d’importance. Je suis emporté dans un monde parallèle, perdu dans mon travail.

– Êtes-vous toujours seul lorsque vous partez à l’aventure photographier les paysages tous plus magnifiques les uns que les autres ? Quel matériel apportez-vous avec vous ?
Parfois seul, parfois avec un ami ou quelqu’un de ma famille proche. Cependant lorsque je prends des photos et que je marche beaucoup et loin, je perds souvent le contact visuel avec la personne avec qui je suis. J’essaye d’être aussi léger que possible. Je porte un trépied carbone, une tête Really Right Stuff, un Canon 1Ds Mark III, quelques objectifs et filtres (vari ND, quelques dégradés, polarisants, intensificateurs de couleur) et toujours les bons vêtements qui vont bien pour la séance.

– Quels ont été les moments les plus magiques sur le terrain qui ont conduits à de très beaux clichés ?
Scotland, Talisker Bay, Isle of SkyeScotland, Talisker Bay, Isle of SkyeTant d’instants, vous me posez une question difficile! Je vais avoir besoin d’utiliser au mieux mon cerveau pour me remémorer ces instants 🙂
Beaucoup d’excellents moments ne se transforment pas nécessairement en photo d’exception et inversement. Mais je me souviens clairement il y a 3 ans de cela avoir été en Novembre à l’île de skye (terre celte à l’ouest de l’écosse) sur une petite plage nommée Talisker bay. Il n’y avait personne et il pleuvait comme il pleut souvent en Écosse, à cela s’ajoutait un vent très violent, c’était un lieu à voir!
Je suis resté la journée entière à photographier sous ces conditions. Au final j’ai obtenu des photos aussi bonnes que je l’imaginais et en plus j’ai passé un sacré bon temps à les prendre. J’avoue que j’ai beaucoup aimé ce « mauvais temps ». A chaque fois que les conditions météos sont pas bonnes, je ressens de belles et fortes émotions.

– Est-ce que vous retouchez vos photos?
Celle ci est une question facile, oui je le fais des retouches. Et je ne vois aucune raison de ne pas le faire. La clé est de trouver le bon rapport entre l’interprétation de la scène proche et ce que vous voyez et ressentez au même moment sans rendre la composition non naturelle.

– Combien de temps passez-vous dessus ? Quel travail faites-vous en règle générale ?
Lorsque j’ai débuté dans la photographie numérique je passais beaucoup de temps sur chaque photo. C’était principalement dû au fait que je débutais dans l’apprentissage de Photoshop. Aujourd’hui je veux passer le moins de temps possible. Je dirais en moyenne 10 minutes. A moins que je travaille sur une photo panoramique auquel cas cela peut me prendre 30 minutes mais je le fais rarement.
J’ai un processus standard qui consiste généralement à faire des ajustements de courbes et de couleurs, des conversions en raw et des recadrages. Lorsque j’ai 2 photos à fusionner je travaille avec des calques de masque.
Avec l’expérience j’en conclu que c’est dans la manière de faire les bons réglages qui fait la réelle différence en post production et non le nombre de réglages. Bien entendu il y a des cas où le travail est fastidieux.

USA, Death Valley National Park, Racetrack, CaliforniaUSA, Death Valley National Park, Racetrack, CaliforniaPortugal, Adraga beachPortugal, Adraga beachCanada, Banff National Park, Lake LouiseCanada, Banff National Park, Lake Louise
– Pouvez-vous nous décrire globalement votre métier, les contrats, les publications … sur une année type ?
Il n’existe pas d’année type dans une année de travail. Afin de survivre financièrement, un photographe de paysage doit effectuer plus choses en même temps. Ateliers, écrire des articles, gérer les licences, trouver des endroits pour exposer le travail, collaborations variées… J’essaye d’en fait autant que possible.
C’est une triste réalité dans ce domaine professionnel. Triste car cela nous laisse moins de temps pour photographier et beaucoup d’énergie est dépensée dans des choses qui n’ont pas un rapport immédiat avec la photographie de nature! Jusqu’à ce qu’on puisse être bien représenté par un agent un une agence qui puisse mener de front ces activités annexes.

– Où peut on admirer vos photos ?
J’ai effectué plusieurs expositions à Paris l’année passée et espère en faire un peu plus pour 2009. Aucune date n’est encore programmée, elles seront annoncées sur mon site.
Malheureusement pour le public français la plupart des mes publications papier sont soit en anglais soit en grec. Si quelqu’un accès à la presse internationale il y a actuellement un article que j’ai écrit sur les « Fairy pools » des îles de Skye.
Je suis aussi à l’écoute de quiconque aimerait prendre contact pour une expo et qui serait intéressé d’exposer mon travail.

– L’interview touche à sa fin, je vous remercie infiniment pour nous avoir fait partager votre expérience en tant que photographe professionnel. Comme toujours je vous laisse conclure sur ce que vous voulez, des conseils, un message à faire passer…
Je voudrais de même vous remercier de m’avoir interviewé. Et je voudrais terminé en disant que je pensais que plus que jamais les gens ont besoin de renouer contact avec la Nature. Spécialement pour ceux qui vivent dans des grandes villes à la fois stressés et angoissés. Nous pourrions tirer plus de bénéfice au contact de la nature sauvage qui nous aide à découvrir notre propre côté sauvage. Au final la Nature est source d’apprentissage.

USA, Crater Lake, Oregon

– Hello Emmanuel, glad we found time to make this interview 😉 Can you tell us about your career?
Well I started photography long time ago in Greece were i followed few seminars. Later moved to the US and studied photography soon after my studies were Finishes I turned photography into my full time profession. Created my own publishing house in 2006 and published my first book the same year.
Today I do a variety of thing around photography from workshops, fine art exhibitions, and publishing’s in a large variety of media

– What’s most exciting in your job?
Without a doubt the sense of freedom I get when I’m out taking photographs in nature.
It is then that I have a precise task at hand and everything else in the world seems to matter so little. I drift away in another world, lost in my work.

Scotland, Isle of Skye, Fairy poolsScotland, Isle of Skye, Fairy poolsUSA, Mt Jefferson wilderness area, OregonUSA, Mt Jefferson wilderness area, OregonFrance, Mt St Michel, Bretagne/Normandy<br />France, Mt St Michel, Bretagne/Normandy

– Are you always alone when you go on a photography trip, shooting amazing landscapes ? What do you bring with you ?
Either alone or with a friend or someone from my immediate family. Although when I’m actually taking photographs I walk a lot and far away and usually loose visual contact with who ever I’m with. I try to be as light as possible when I photograph. I carry a carbon tripod, a Really Right stuff head, a Canon 1Ds Mark III body, few lenses, filters (vari ND, several Grads, Polarizer, color intensifier), And always the right clothes depending on the shoot.

– What were the most magic moments in the field that brought very beautiful shots ?
So many moments, you are asking a difficult question. I have to use a lot of brain memory here.
Many great moments did not actually translate into great images and the reverse sometimes is also true. But I remember vividly 3 years ago being on the Isle of Skye in November on a small remote beach called Talisker bay. There was no one there it was raining like it rains only in Scotland coupled with coupled with furious winds it was a site to behold.
I stayed the whole day photographing under these conditions and the final images were as good as I imagined they would be plus I had a hell of a good time taking them.
I must say I enjoy “bad” weather very much. Any time I’m out and there is angry weather I feel pretty strong emotions.

Scotland, Waternish, Isle of SkyeScotland, Waternish, Isle of Skye– Can you describe your job – contracts, publishing… – on a typical year?
There is no such thing as a typical year in this line of work. In order to survive financially a landscape photographer must do several things at the same time. Workshops, write articles, license images, find galleries to exhibit work, various collaborations etc. I try to do as much of it as it is possible.
It is a sad reality for landscape photographers. Sad because it leaves us with less time to photograph and much energy is spend with things that are not immediately photographic in nature. Until someone is well represented by an agent or agency life in hard on that front.

– Do you touch up your shots ?
That is an easy question, yes I do.
And I see not reason not to do so. The key is to find the median between interpeting the scene close to what you see and to what you felt at the same time not rendering it unatural.

– How long does it take? And what do you usually do?
When I first started with digital photography I spend a lot of time on a picture. This was also due to the fact that I was learning photoshop. Today I want to spend as little time as possible. I would say on average 10 minutes. Unless I do a stitch for a panoramic images which may take more then 30 minutes but that I do rarely.
Scotland, Rannoch moor, HighlandsScotland, Rannoch moor, HighlandsI have a pretty standard workflow and it generally consists of curves and color adjustments both in the raw conversion and in Photoshop and sharpening.
If I have two images to merge into one I do layer masking to mix them.
With experience I have found that it is the manner on which the adjustments are done that makes the difference in post-production and not the amount of adjustments.
Of course there are images that might require elaborate masking on multiple layers

– Where can we admire your photos ?
I held several exhibits in Paris over the past year and plan to have a couple more in 2009.
No fixed dates yet, they will be announced in my web site as the become available.
Unfortunately for the French audience most my magazine publications are in either England or Greece. If someone has access to international magazines there is currently an article I wrote on the Fairy pools of the Isle of Skye for the January issue of Outdoor photography UK.
I’m also open to anyone who would like to contact about a gallery who might be interest to host my work.

– Interview is soon finished, thank you so much for sharing your experience as a professional photographer. As always, I let the guest conclude on what he wants : advices, message to the readers…
I would like to thank you as well for hosting me.
And I will finish by saying that I think today more then ever people need to find contact with nature. Especially for those that live in the big and uninviting cities, in times filled with stress and anguish. We can benefit much from the touch of the wild nature as it helps us discover our own wild and untamed side. In the end the wild is a big educator.

Scotland, Quiraing, Isle of Skye

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Un commentaire

Un commentaire pour “Interview Emmanuel Coupe”

  1. cathy B le 21 Fév 2009 à 17:52

    Voilà trop longtemps que je n’étais pas venue dans le blog. Un peu plus, et je ratais cet article: des photographies magnifiques qui expriment une grande sensibilité à la nature. Entre surréalisme et onirisme, des paysages qui nous embarquent!
    Merci de nous les faire découvrir.