Jan 11 2009

Interview de Claude Ruff

Publié par à 12:56 dans Interviews de photographe

Caverne– Bonjour Claude, content qu’on puisse enfin trouver un créneau de libre pour parler de votre passion 🙂
Oui… ça n’a pas été facile 😉

– Quels ont été vos débuts en photographie subaquatiques ?
En fait, sans la photo subaquatique je ne serais pas plongeur aujourd’hui. J’ai toujours aimé l’eau et photographier ce qui s’y trouve m’a attiré plus que la plongée elle-même.
Après avoir appris à plonger en piscine, lors de ma 1ère plongée en milieu naturel : on m’avait prêté un appareil qui n’a jamais fonctionné.
Depuis, je me suis rattrapé.

– C’est souvent l’inverse, un plongeur devient photographe, non ?Je veux dire par là que j’ai l’impression que votre profil est assez atypique, je pensais que la majorité des photographes aquatiques étaient avant tout des plongeurs…
Effectivement : le plus souvent, les plongeurs après l’apprentissage cherchent simplement à ramener des souvenirs de leurs explorations et, de ce fait, commencent à prendre des photos !

– Où pratiquez-vous essentiellement votre passion ? Quelles saisons sont les plus propices?
Je suis attiré par toute étendue d’eau – des torrents de montagne aux lacs et gravières, des eaux bleues cristallines et chaudes aux eaux vertes sombres et froides.
Depuis peu, j’ai d’ailleurs une préférence pour ces dernières puisque les sujets qu’on y photographie n’attirent pas forcément tous les regards.
(et la fraîcheur en éloigne beaucoup)

– Quels sont ces sujets ? Pouvez-vous nous commentez une photo ?
Ils sont de la même famille que ceux qu’on trouvera dans les eaux tropicales… mais l’environnement est tout autre !
Je cite souvent une plongée appelée « snow fall » que j’ai pu faire en Colombie Britannique : la descente se fait dans une eau verte et sombre et en arrivant sur le fond tapissé d’anémones blanches, on a l’impression de gagner en lumière… surprenant !
Une de mes images préférées et la photo d’une algue : le kelp. Celle ci outre ses couleurs un peu particulières me rappelle la visite d’un phoque qui m’observait alors que je prenais l’image.
Tortue des mersEn le voyant je me suis effrayé et, du coup, lui aussi ! Il était là, à 20cm de moi avec ses grosses moustaches et me regardait en tant que l’inquisiteur que j’étais vraisemblablement…

– Avez-vous justement eu des frayeurs subaquatiques ? Des mauvaises rencontres, ou plus précisément des rencontres intimidantes ?
Un jour en Mer Rouge alors qu’accroché à l’échelle d’un bateau je prenais des photos de requins longimanus (appellés aussi les ‘nettoyeurs des mers’), l’un d’eux a eu un comportement intimidant et a fini par me foncer dessus ! Il est passé à quelques centimètres de mes palmes et je crois n’avoir jamais remonté aussi rapidement une échelle.

– Concernant la photographie en elle même, de quelle manière appréhendez-vous le cadrage, la lumière sous l’eau ?
Pour ce qui est du cadrage, il n’y a pas vraiment de particularité par rapport à la photo terrestre. Pour ce qui est de la lumière, la maîtrise du flash et de la prise de vue à contre jour est un impératif. La plus grosse différence se situe dans l’approche du sujet : moins il y a d’eau entre lui et le boitier, meilleure sera la qualité de l’image au final – il faut savoir aussi que le plus puissant des flashs ne portera pas au-delà d’1m50 dans le milieu aquatique. Il est donc impératif d’être très près du sujet…

– Est-il possible d’évoluer avec un assistant sous l’eau ?
Il faut, idéalement, en avoir un !

– Quel est son rôle ?
Principalement de vous venir en aide en cas de problèmes… mais aussi pour vous aider à approcher un sujet voire, souvent, de vous trouver des sujets !
Les photographes sont néanmoins reconnus comme plongeant ‘dangereusement’ dans le sens où ils se retrouvent souvent « seuls avec leur viseur » !

– Quel matériel spécifique utilisez-vous ? Pourquoi ce choix ?

On a pas vraiment le choix à l’heure actuelle : un caisson qui permette d’y enfermer un reflex terrestre sur lequel on branchera des flashs étanches. Auparavant, il existait des appareils photo étanches par construction (le Nikonos entre autres) mais depuis l’avènement du numérique est dû, probablement, à a sa rapide évolution ces derniers ont été délaissés.

Caverne– Quels seront vos prochaines plongées pour 2009 ?
Pour 2009, il est prévu pour l’instant un séjour en Bretagne et, à l’étranger, un séjour en Colombie Britannique et un autre en Indonésie – ces 2 derniers se feront d’ailleurs sous forme de stages que j’anime sous l’égide de la FFESSM.

– Comment se déroulent ces stages ?
La plongée y est privilégiée et, dans l’idéal, 2 séances de cours d’environ 1h/1h30 s’ajoute au programme journalier : 1 première est principalement théorique et la 2ème est typée ‘atelier’ (traitement d’image, analyse d’image, utilisation du matériel, ….) en fonction de l’approche théorique du matin.

– Comment faire pour y participer, les inscriptions sont elles closes ?
Pour la Colombie Britannique, il reste 1 place, mais il faut être motivé puisque l’eau est au minimum à 5° et au maximum à 10° et les 3/4 du temps à 7°…  Pour l’Indonésie, tout est à faire vu que c’est prévu pour le mois de novembre – il suffit pour l’instant de me contacter pour avoir les informations.

– Avez-vous fait des expositions ? Où peut-on admirer vos photos hormis sur votre site internet ?
Ma 1ère exposition à eu lieu à Chattelerault au mois de mai dernier – pour 2009, il en est une de prévu mais je ne peux en dire plus pour l’instant.

– J’espère donc que vous me tiendrez au courant 😉 Avez-vous en tête des sites internet de qualité pour faire découvrir ou redécouvrir la beauté de la photographie sous-marine ?
Ceux de photographes :

Un autre lien de photo en piscine:

– Merci beaucoup Claude pour cette interview. Je vous laisse le mot de la fin, un message peut être à faire passer.
Le message: au fond, nous ne sommes pas grand chose… soyons respectueux du milieu !

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