fév 15 2010

Interview Antoine Tatin

Publié par vincent à 9:24 dans Interviews de photographe

- Bonjour Antoine, pouvez-vous vous présenter et raconter rapidement votre parcours ?
Bonjour. Je me suis mis sérieusement à la photo en 2005, dès l’achat de mon premier réflex. J’avais toujours été attiré par la photo, et je cherchais un moyen de m’exprimer pleinement. C’était une époque où je me cherchais pas mal. J’étais enseignant, et j’avais le sentiment de ne pas pouvoir exprimer entièrement ma personnalité. A cette époque, j’ai profité du peu d’heures de cours à dispenser pour faire des photos. J’ai beaucoup travaillé avec un ami. Nous étions très exigeant l’un enver l’autre, et aussi à l’égard de notre pratique. Nous avons fondé un site web commun, et fait une première expo. J’étais alors assez obsédé par le graphisme, et même l’abstraction. Depuis, les choses ont quelque peu changé. Je travaile en solo, presque exclusivement sur des sujets maritimes.
Colza SpleenInstant MordoreSables d’Olonne
J’ai exposé en septembre 2008 sur un sujet qui me tient particulièrement à coeur depuis le début : les promeneurs de bord de mer, et créé un nouveau site web. Aujourd’hui, je me considère vaguement comme un paysagiste. J’aime photographier la côte et ma ville d’enfance, Les Sables-d’Olonne, de façon très figurative. Mais je suis surtout attiré par les scènes de balade solitaire, un peu intimistes. Parallèlement, je me forme dans d’autres domaines de la photographie pour être à même de répondre le plus pertinemment à la demande des entreprises, de l’édition. De bonnes opporunités se présentent, et j’ai bon espoir de voir démarrer mon activité d’indépendant. Je me consacre intégralement à la tâche, en tous cas.

- Y a t-il un moment de la journée que vous affectionnez davantage, de par la lumière ou l’ambiance dégagée ?
J’aime par-dessus tout le matin, d’assez bonne heure. L’heure ou les deux heures qui suivent le lever de soleil, en hiver comme en été, sont idéales. J’aime la lumière et l’ambiance qui s’en dégagent. Tout est encore un peu engourdi, les couleurs sont douces, et les promeneurs peu nombreux. C’est le moment, qui plus est, où ces derniers semblent se poser les questions importantes ; leur démarche en dit long, je trouve, à ce stade précis de la journée, sur ce qu’ils traversent. L’atmosphère n’en est que plus contemplative, pour ne pas dire un peu religieuse.

- Vous est-il arrivé de prendre en photo des personnes qui ne voulaient pas l’être? Comment ça s’est passé?
Je ne suis généralement pas confronté à ce type de problème, dans la mesure où je photographie la plupart de mes sujets de loin, de dos, ou de 3/4 dos. Mes personnage sont dailleurs bien souvent de simples silhouettes renforcées par les fort contre-jours que j’affectionne tout particulièrement.Solitary Walk Maintenant, en effet, il m’est arrivé de vouloir m’approcher davantage de mes personnages. Par mesure d’honnêteté et de déontologie, je préfère dans ces cas-là demander leur accord plutôt que de risquer d’exposer une photo illégale. C’est parfois bien déchirant, quand on a le sentiment que le cliché est réussi. Mais je joue le jeu, et je respecte le droit à l’image des gens, même si c’est souvent une contrainte très pénalisante pour un artiste. A vrai dire un assouplissement du droit à l’image pour les auteurs me semblerait pertinente. L’art ne devrait, dans l’absolu, n’avoir aucune limite de représentation. Mais en photo, on travaille sur du matériau humain, et il est aisé de comprendre que la liberté des gens se respecte. Malgré tout, dans les attitudes de refus des gens auxquelles j’ai bien sûr été confronté, on lit souvent beaucoup d’anxiété et de méfiance. Je crois que cela vient aussi de la société et de tout ce qu’ils entendent. L’image comme support artistique me semble finalement assez méconnue des gens, qui la considèrent d’abord comme un moyen de « voler » un bout de réalité. Au fond, même si notre seul but est de faire de belles images, on passe globalement pour des paparazzi. Ceci dit, certains sujets peuvent se montrer très compréhensifs, les rencontres s’avérer plus qu’intéressantes.

- Lorsque vous partez avec votre matériel photo, avez-vous une idée bien précise des photos à prendre  ou laissez vous part à l’improvisation?
Disons qu’en effet, la plupart du temps, j’ai une idée plutôt définie de ce que je veux faire, du rendu que je souhaite obtenir. Maintenant, en effet, la situation change parfois la donne, dans la mesure où je suis bien sûr tributaire du temps et des situations, des scènes auxquelles je vais pouvoir assister. En photo et qui plus est en extérieur, il est difficile de tout maîtriser. Mais j’aime également l’inattendu, et je reviens parfois d’une excu photo ravi d’avoir réussi à faire tout autre chose, même si là-aussi j’y retrouve les tonalités qui me sont chères.
the crooked onesThe crooked onesthe photographerThe photographerwinter walkWinter Walk
- Pouvez-vous nous raconter en détail une journée particulière, une photo qui vous tient à coeur?
« The photographer » m’est assez chère. J’ai pris ça une matinée ensoleillée de septembre, sur la plage des Sables-d’Olonne. J’étais sorti avec mon appareil un peu au hasard, un peu dans l’optique de flâner. je n’avais pas, ce jour-là en tous cas, l’intention de faire un cliché en particulier. Et puis chemin faisant, la douceur du climat aidant, j’ai commencé à shooter un peu frénétiquement. J’ai remonté la plage comme ça, à contre-jour, en m’arrêtant au gré des situations. C’était comme un mini voyage extérieur et intérieur. Je me sentais bien. Ce sont les jours que je préfère, ceux où je shoote le plus intuitivement possible, où je ne pense qu’au plaisir de prendre des photos et de m’exprimer. Libre comme l’air, quoi !

- Quel matériel utilisez-vous (boitier, optique, filtre, sac…) ?
Je travaille aujourd’hui avec un Nikon D300 et 3 optiques : une focale fixe Nikon à 50mm f1.8, un zoom Tamron 17-50 f2.8 que j’aime beaucoup, et depuis peu j’emmène aussi avec moi un télézoom Tamron 70-300 f4-5.6 récemment acquis. J’utillise de plus en plus un filtre polarisant, en plus des traditionnels filtres anti-UV. Question sac, j’utilise le slingshot 100 AW de Chez Lowepro. Le principe du slingshot est formidablement pratique, sans parler de la grande qualité des sacs de cette marque, bien sûr.
Enfin, j’emmène parfois avec moi un boitier argentique qui n’a plus aucun automatisme, un vieux Minolta srt100b, avec deux optiques, deux fixes à 50 et à 200mm, et le plus souvent un film ilford à 125 et une pellicule couleur.

- Euh … vous avez un porteur? je plaisante … ;)
J’envisage d’en louer un :D . Non bien sûr, je pars pratiquement toujours avec le D300et deux optiques, d’autant que la capacité du sac ne peut pas acceuillir tout le monde. Vous m’avez posé la question, donc j’ai un peu fait mon listing, mais en réalité j’aime être le plus léger possible et je rechigne bien souvent à emmener le trépied.
Ceci dit, je ne déteste pas, loin s’en faut, l’aspect technique et matériel de la photo ! Même si, évidemment, comme on le dit toujours, avec l’équipement on ne trouve jamais le regard en bonus.
clouds and sand
- Passez-vous beaucoup de temps sur internet? Qu’est-ce que cela vous apporte concrètement dans votre passion?
Beaucoup de choses ! Avec Internet, la possibilité de montrer son travail à moindres frais a été démultipliée. Les forums, sites et photothèques entous genres nous donnent l’occasion de partager, de nous informer, d’évoluer aussi. Il ya une émulation incroyable qui résulte du web. Ceci dit, j’essaie de ne pas en être esclave. Il est très aisé de s’enfermer et de rester dans son placard. Je m’efforce le plus possible de sortir, d’aller voir des expos, d’en organiser loi-même, d’aller voir les gens, et aussi de faire des tirages photo, car je reste persuadé que rien ne vaut l’émotion ressentie à regarder une photo sur papier.

- Quelle est votre actualité aujourd’hui en terme de publication, d’expositions?
Je prépare actuellement une exposition qui va tâcher de faire la synthèse du travail effectué dernièrement. Je vais commencer à démarcher des organisateurs et services culturels dans les tous prochains jours. Côté publi, je vais activement rechercher un collaborateur sablais pour un projet d’ouvrage sur ce lieu que j’aime tant. Je n’ai rien d’extrêmement précis en tête, mais j’attends de voir dans un premier temps ce qu’un éventuel collaborateur aurait envie d’écrire. Je reste assez ouvert, au stade actuel du moins.

- Merci Antoine pour votre témoignage. Je vous laisse le mot de la fin pour conclure cette interview. A bientôt.
Et bien ,ce fut un plaisir de discuter avec vous. Je vous en remercie.
Et je salue à l’occasion les photographes de Photoscope !

BlogBang

11 responses so far

11 Réponses to “Interview Antoine Tatin”

  1. Mutuelle le 16 fév 2010 à 12:11

    J’ai passé un agréable moment et une chouette lecture sur votre site internet. a quand un nouveau post. Original et sympa !bonne continuation.

  2. photographe mariage paris le 18 fév 2010 à 9:26

    Oui, j’aime également les photos, elles montrent un travail personnel et original :)

  3. photographe le 23 fév 2010 à 23:02

    très beau travail plein d’émotion

  4. zonedevie photo le 25 fév 2010 à 22:40

    Joli travail. malgré un séjour aux sables d’olonnes, je n’ai pas réussi à faire d’aussi beaux clichés !

  5. Photo Noir et Blanc le 15 mar 2010 à 15:31

    Très chouette comme travail ! J’aime les nuance et les lumières. Bravo :)

  6. Stéphanie le 17 mar 2010 à 9:43

    Très bel interview dans lequel je me suis un peu retrouvée (moi même enseignante et passionnée de photos). De très belles photos bravo !!!

  7. Antoine Tatin le 17 mar 2010 à 14:58

    Merci beaucoup à tous les six pour vos messages. ;-) ) — Antoine Tatin

  8. Eric le 19 mar 2010 à 13:59

    Bonjour,
    Je viens de découvrir ce blog et il y a vraiment des articles très intéressante.
    En ce qui concerne le travail d’Antoine, j’aime beaucoup et plus particulièrement la 2eme présentée. Les couleurs sont superbes.

  9. lo le 02 avr 2010 à 19:51

    oui, c’est tout a fait vrai, tout le monde parle du couché de soleil, mais le matin c’est incroyable c’est doux , paisibles, des fois on se sent seul au monde, des couleurs incroyables.
    The crooked ones ;original
    The photographer: oui c ca seul au monde un moment ou tout s’arrête….
    bonne continuation

  10. 1p2v le 20 avr 2010 à 18:33

    Terrible! Beaucoup de finesse et une construction de l’image vraiment travaillée. les paysages « vides » sont juste énormes!

  11. Livre photo le 04 août 2010 à 16:31

    C’est tout simplement magnifique ! Un vrai artiste qui sait manier l’art de la photographie avec justesse.

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